Des Maisons Forestières, des pistes et des sentiers,

      Un capital unique et remarquable légué par nos anciens.

 

Devant les intérêts économiques pouvant être retirés de l’exploitation en particulier du chêne liège, une exploitation plus soutenue se développe dés le début du 19°siècle. Mais de 1875 à 1892 sous la direction de l’ingénieur des Eaux et Forêts, Auguste MUTERSE (1851 – 1892) que sera ainsi été complété, réalisé un patrimoine exceptionnel, on peut écrire unique.

      Garde Général il a dirigé la construction de la tour de surveillance du Mont Vinaigre et des Maisons Forestières, reliées par le télégraphe et servant au logement des gardes et de leurs familles.  Pour relier l’ensemble, faciliter l’exploitation de l’espace forestier a été réalisé un maillage de pistes, de sentiers qui font aujourd’hui la richesse du site. L’exploitation se faisant logiquement du haut vers le bas le quadrillage s’organise suivant  trois étages de pistes suivant les courbes de niveaux, des accès le long des dorsales et des centaines de sentiers et des drailles de liaison. Tous les produits étaient regroupés, transportés par des charrettes ou des prolonges à quatre roues pour les produits plus légers.

      C’était  il y a donc plus de 150 ans lors du grand développement de l’exploitation forestière : Liège des chênes, bois des pins pour les mines complétées par les activités annexes : Extraction de l’huile des cades, souche des bruyères pour les pipes et la marqueterie, branchages pour les balais et le chauffage, fabrication du  charbon de bois. Toutes ces activités nécessitaient une main d’œuvre importante, et même l’emploi de « sans travail » qui la nuit veillaient à ce que les sangliers ne viennent pas déterrer les semis de glands ou graines de pins. Toute cette politique économique, de protection contre les incendies, d’entretien et de reboisement, et déjà le tourisme avec des accords avec le Touring Club de France, nécessitait un encadrement de qualité qui devait vivre en permanence dans chaque « quartier ».

      C’est pour cette raison qu’on été construites seize Maisons Forestières nécessairement autonomes du fait de l’isolement. Au principal, un bâtiment de deux étages où vivaient deux familles, celle du Forestier et celle du Cantonnier. Sous le toit, des citernes pour récupérer l’eau de pluie (source et puits étant insuffisants). Au dos, se trouvaient les écuries avec au dessus les réserves de fourrage. Dans un bâtiment volontairement séparé, le four à pain surmonté de sa réserve à grains. D’autres annexes pour le stockage et l’entretien du matériel, comme la forge pour les outils et le ferrage des équidés. Sur la pente au soleil sont aménagées des murs en pierre sèches, des restanques pour la culture des légumes et des fruits. Chauffage par des cheminées et éclairage à la bougie ou avec les lampes à carbure.

      Sont toujours habitées des Agents ONF (La Louve, le Gratadis, les Trois Termes, la Louve), celle du Poussaï est réservée aux Retraités et celle des Cantonniers aux Familles de vacanciers de cette Administration. Celle du Porfait qui servait de cantine aux ouvriers et à la préparation des pignons de pins destinés aux semis est utilisée par les Chasseurs. Laissée à l’abandon la Baisse des Charretiers est en ruine. Derniers occupants, pendant la deuxième guerre mondiale, les chantiers de jeunesse. En ruine aussi  Malavalette qui a servi de refuge aux habitants pendant les bombardements d’Agay et de Camp Long. Encore en bon état apparent La Duchesse, en cours de réhabilitation par un bénévole.

Miel au Rastel d’Agay, agriculture aux Ferrières mais voici la Maison Forestière du Roussivau. Symbolique, c’est une réussite de reconversion, de remise en état où viennent transhumer avant le Mercantour l’été, prés de 200 moutons Mérinos et sa bergère. Elle est adossée aux coulées de rhyolithe amarante des barres du Roussivau,, plus loin du Perthus, des sites d’escalades fréquentées depuis prés de 50 an., 

Celle de Malpey, justement bien blottie contre la colline qui la protège doit son nom sans doute au col proche peu agréable lorsque souffle le mistral. Une Maison Forestière qui a aussi ses petites histoires. Ainsi, c’est l’agent des Eaux et Forêts en poste qui,  lors du débarquement de Provence, en Août 1944,  à permis la capture par les Anglais des soldats Allemands qui gardaient le Mont Vinaigre. 

 

La Maison Forestière du Malpey :

"Une porte de L’Esterel "

Malgré son abandon dans les années 1970, l’ensemble du gros œuvre est sain et le potentiel certain. Le nombre d’avantages, le site font que le choix de la réhabilitation en 2015 de cette Maison Forestière pour en faire « une porte » est évident. 

L’ensemble est composé d’un bâtiment principal, le rez-de-chaussée sera réservé à l’accueil avec sans doute des salles d’exposition, au premier étage d’autres salles d’expositions, de travail pour les chercheurs (naturalistes, géologues etc) et au 2éme étage un logement confortable pour un agent ONF et sa famille. Le plus urgent amener l’eau et l’électricité, un gros poste budgétaire. 

Contigu, un petit bâtiment (ancien four) sera mis à disposition des associations d’usagers ou de professionnels d’Activités Pleine Nature. De même une réflexion sera faite sur l’usage d’un autre petit bâtiment proche des deux tables, bancs,  récemment et judicieusement installés par l’ONF pour les promeneurs.

Une séparation visuelle permettrait l’accès aux deux anciens hangars, dont l’un est loué aux Associations de Chasseurs. 

 

 Préservation d’un patrimoine, devoir de mémoire peut être mais surtout un excellent moyen de LA faire revivre en permettant à un agent ONF et sa famille d’y revenir dans des conditions modernes. Egalement  réaliser un accueil de qualité au public, aux Usagers, aux scolaires et autres. Un accès facile et proche d’une grande route, de la sotie Autoroute des Adrets, un emplacement et une vue magique. Une belle ouverture vers le Tourisme car dans l’Esterel la saison c’est 12 mois par an.

     Après des années de sommeil, un beau réveil qui permettra de mieux faire connaître et partager la vie de tous ces hommes et familles qui ont vécus, travaillés, entretenus ce trésor qu’est le Massif de l’Esterel. 

 

La Maison Forestière de la Duchesse  :

"Une mémoire de L’Esterel "

Occupée par un garde de l’administration des Eaux et Forêts jusqu’en 1980, puis à titre personnel par François Ballestra et son épouse jusqu’en 1988, elle était restée encore en bon état. Son éloignement l’ayant protégé des vandales qui ont sévit à la MF de la Malpey. Malheureusement faute d’entretiens, la toiture et son environnement commençaient à souffrir. Depuis plusieurs années, en accord avec l’ONF, un bénévole, René BLETTERER (dit René l’Alsacien)  s’investit dans sa réhabilitation et les résultats sont non seulement  heureux et mais aussi efficaces.

Cette maison forestière à l’avantage de bénéficier d’un bon approvisionnement en eau, même pendant les périodes de sécheresse par son puits. La preuve, à coté un magnifique lavoir intact. De même, des canaux avaient été aménagés pour arroser des terrasses de petites cultures. La disposition  est semblable aux plans des autres Maisons Forestières. Vu son emplacement dans le Massif, elle servait aussi de poste de secours principal. C’est donc deux familles qui vivaient ici en compagnie d’un mulet, quatre chèvres et deux cochons…… 

Son nom est lié à la pose de la première pierre à la demande  de Napoléon III,  par la Duchesse de Vallombrosa, figure de la vie de la haute société cannoise dans les années 1860. Appelée aussi la »Sainte Duchesse » en raison de sa grande générosité(*).Née en 1836, Geneviève de Pérusse des Cars, est issue d’une famille noble. Elle a épousée Richard, duc de Vallombrosa, à Paris en 1857. Elle décède en 1887 et son mari quittera définitivement Cannes.

Certains historiens pensent que l’Empereur, lui-même, serait venu sur son cheval pour l’inauguration. ????  

Dans les projets et souhaits, extrêmement bien placée, au cœur du Massif, accessible uniquement par des moyens naturels, sa visite se mérite. Dans le cadre de la mise en valeur de l’Esterel, La MF de la Duchesse pourrait très bien convenir à un gite  (hors périodes Incendie). A défaut c’est déjà un très bel endroit pour un arrêt et un pique nique à proximité. Une belle manière, méthode pour conserver et faire revivre un superbe héritage.

 * Son Mari, avait acheté en 1858 et occupe en  1861, le château du Riou  dans les haut de Cannes. (classé monument historique en 1990). La reine Victoria, le Prince de Galles ou encore Charles Gounod comme bien d’autres figures célèbres de l’époque, étaient des hôtes habitués de ce château et de son parc réaménagé qui comportait même un mini zoo. Figue dynamique il sera un des plus efficaces promoteurs de la ville de Cannes 

 

*EXTRAIT : C’est Stephen Liégeard qui vante le mieux la grâce et la bonté de « la bonne Duchesse », comme il se plaisait à l’appeler, dont les deux mains toujours ouvertes ont symbolisé à miracle la charité et l’hospitalité.

Aux dires de sa petite fille Roseline Manca de Vallombrosa, sa charité lui vaut dans les petits quartiers de Cannes le surnom de « Sainte Duchesse ». Elle préside aux destinées de l’Orphelinat du Sacré Cœur et à la congrégation religieuse des Sœurs Auxiliatrices des Âmes du Purgatoire. …. Avec ses cheveux blonds, ses yeux d’un bleu profond, son teint clair, son visage à l’ovale parfait, sa taille fine, Geneviève est une fleur parmi les fleurs. Tous ceux qui l’approchent sont sous le charme de sa beauté et de son esprit romanesque !.......

 

Christian CHABERT

 

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