LES EMPREINTES de TETRAPODES

                           sur la colline SAINT SEBASTIEN à SAINT RAPHAEL (Var)


Des témoignages d’exceptions, des traces fossiles extraordinaires (et pourtant menacées de destructions)

 

Il y a environ 270 à 265 millions d’années, entre deux violents cycles volcaniques qui vont construire le Massif de l’Estérel, s’installe une période relativement plus calme. Durant cette pause, des Tétrapodes, fruit de l'évolution  car  désormais ils sont dotés de quatre pattes, de poumons, ces premiers vertébrés proches des mammifères, évoluent dans un environment semi aquatique. Leurs "ancêtres"  sont sortis de la mer il y a environ 340 millions d'années. Ils vont s'adapter lentement à une vie terrestre. (Pattes, poumons, côtes, cou articulé, audition, développements du museau et accommodation de la vue * orbites oculaires, paupières, liquide lacrymal *). Ces reptiles qualifiés de "mammaliens" évoluent dans des zones humides, de forte vegetation et débris, avec un sol fait de boues, de sables. Chance, toute une colonie va venir laisser ses empreintes de pas, des sillons creusés par leurs queues, sur la colline Saint Sébastien à Saint Raphaël. (1) (2)

Grâce à ces traces devenues fossiles, Lors d'une étude récente, une équipe de scientifiques (3) a même réalisé une superbe enquête à partir de ces témoins uniques et irremplaçables. Ils pourront  comparer et identifier différentes espèces. Végétariens mangeurs de fougères où carnivores, certaines ressemblant à de grosses salamandres (de 1 à 3 mètres de long)

Les empreintes de pas sont si nombreuses qu’ils en ont dénombrées plus de 600. Passionnant, cette équipe a réussi à déterminer un schéma de pistes qui partent dans 3 directions.   Ainsi, on observe, minuscules, des traces de griffes, plus loin, plus gros, on visualise un reptile qui avance, ses pattes marquant profondément le sol et avec sa queue qui traine en ondulant. Par comparaison avec d’autres sites dans le monde des espèces différentes ont pu être identifiées dont effectivement une Anthichnium salamandroides mais aussi un Varanopus rigidus.

 

Difficile aujourd’hui d’imaginer ces espèces ressemblant à varans (de Komodo ?) pesant jusqu’à 45kgs, « évoluant" sur les sols, les boues du  futur Massif de l’Estérel.  

 

 

                                        les relevés d'une très  grande clarté de l'équipe GAND (1995)

PLAIDORIE POUR UNE SAUVEGARDE :

Alors que des moulages de ces empreintes sont exposés au Musée de l’Homme à Paris, c’est un cri d’alarme concernant le quasi abandon du site, soumis à toutes sortes de dégradations y compris les passages, le piétinement humain, promenoir de canidés etc...  S’ajoutent l’éclatement de certaines surfaces, le ravinement. Déjà les traces de griffes sont quasi illisibles.

Il est urgent de faire le maximum pour 

a)      Préserver à minima par des protections les traces principales par de grande plaques de plexiglas (comme cela se pratique ailleurs – voir empreintes du côté de Digne (04)

b)     Amélioration des protections en périphérie avec un petit grillage en hauteur pour limiter l’accès aux canidés.

c)      Mise en place de panneaux explicatifs avec relevés des empreintes, cheminements

d)     Ajout d’une signalétique directionnelle pour les accès depuis le centre ville

e)      Mise en valeur au niveau des offices de tourismes, ville, service culturel

f)       Présentation du moulage réalisé par le GRDLP sur le site et aussi dans les jardins du Musée Archéologique 

(1)    Découverte de la dalle en 1988 par François Ballestra et ensuite actions du GRDLP (Groupe de recherche du dépôt laboratoire de Saint Raphaël) pour la création d’une zone à protéger.

 

(2)    VAR MATIN  29/03/2021 Géomorphologue et paléo-environnementaliste Stephen GINER :