LA SAINTE BAUME de l’Estérel * La Grotte SAINT HONORAT *

 

La Grotte de l’HOSPITAL

                   Il faudrait au minimum une semaine pour apprendre à connaitre seulement quelques aspects du Massif de l’Esterel.

  

                 Le site de la Sainte Baume est à découvrir absolument en quelques heures ou en une journée…. Commençons d’abord par la balade.

  

                L'ascension du Pic Roux est un concentré de paysages. Elle se déroule au milieu des pics de rhyolite amarante, du vert sombre des subéraies de chênes liège, du bleu immense de la mer. De facile à plus long, familial ou tonique, l’itinéraire choisi sera un régal.

 

Au sommet une table d’orientation installée par le TCF, le Touring Club de France dans le début des années 1900 permet un 360° exceptionnel. 

 

                 Profitez au passage, pour visiter l’oratoire, lié à l’ermitage de St Honorat. Du Parking de la Ste Baume, (Accès véhicules possible), voici la fontaine, qui coule à l’année, un bel endroit pour pique niquer, puis monter par les escaliers (à gauche de la fontaine) pour entamer, accéder un peu plus haut à un croisement. Prendre à droite en montant puis parvenir, (PRUDENCE) par des passages aménagés à l’oratoire. 

 

 

                 Saint HONORAT (355 – 430)

 

 (Toutes les dates sont sujettes à discussions par les historiens – Celles indiquées semblent les plus conformes aux différentes sources et recoupements de chronologies)

  

 A priori (?) né en 355 à Toul, Il vient de la Gaule dite « Belgique ». Alors qu’il entreprend le pèlerinage en 373 vers la Palestine, son frère ainé "Venance" décède en Grèce. Démoralisé, malade, il renonce à son voyage et retourne en Italie puis en Provence. Il est accueilli à Fréjus par l'évêque "Léonce" qui lui conseille un endroit isolé pour faire retraite car déjà il est célèbre et en conséquence trop dérangé. C’est en 375 qu’il s’installera sous le "Mont Cauroux » (transformé plus tard en « Pic du Cap Roux") où il y a une source qui coule à l’année et plusieurs grottes. (En provençal des Baumes). Plus poétique la légende relatée vers 1245 par le moine troubadour Raymond de Féraud (né à Nice) dans sa « Vida de Saint HONORAT ».

 

                  « … le futur Saint accompagné de son père spirituel Saint CAPRAIS, ne craignant ni le froid ni la bise partent jusqu’à la montagne, par la « Maure » (le bois sauvage et sombre). Le matin ils arrivent sur la plage d’Agaï et supplient Jésus Christ de les aider dans leurs recherches. Surgit avec ses petits, une louve blanche qui s’avance et les invite à la suivre.  Elle les mène par le Refteu (le Râteau) à une très grande Baume où sourd une fontaine excellente… ». A priori, Il choisit une grotte plus petite juste au-dessus, plus isolée et d’un accès plus difficile mais qui dispose d’une belle plateforme avec de vastes vues. Plus grande, celle située au-dessous sera aménagée plus tard avec une porte et un plancher pour créer un étage. On y accédait par un escalier taillé dans la rhyolite (cet accès est interdit car très dangereux) . Baptisée de l’Hospital ses fonctions, ses usages sont mal connus à ce jour mais subsistent des doutes : Peut-être que la petite (6m x 3m et haute au maximum de 2,25m) transformée ultérieurement en oratoire, lui permettait retraites et contemplations car dans « les litanies des Saints de Lérins » une note décrit : « une grotte profonde était son lieu de prières et le creux du rocher son lit ».  Un usage partagé car plus vaste ?  

 

                 A nouveau trop sollicité, victime de sa réputation, l'ermite, pour ne plus être dérangé dans ses méditations, laisse sa "Baume" et quitte le massif de l'Esterel. Il va se retirer sur une des deux îles dans la grande baie qu'il pouvait apercevoir depuis les abords de son refuge. Persuadé de pouvoir retrouver sa solitude, plutôt que la grande (Lero) il choisit la plus petite et la plus éloignée, Lerina. Il est certain d’y retrouver l’isolement souhaité car elle est réputée inhabitable puisque sans source et même maudite. C’est en 391 que les passeurs, de mauvaises gens, l’abandonnent dit la légende sur cette île infestée de serpents venimeux. L’ermite par ses prières va chasser les reptiles en provoquant un raz de marée. Pour survivre à la puissance de la vague, il se réfugie sur un palmier. C’est pour cela que l’on retrouve une palme dans les armoiries de la ville de Cannes. Son deuxième miracle lui permet de faire jaillir une source, toujours active, sur ce rocher désolé.

 

                Hélas, il ne peut échapper à sa notoriété, les pénitents, les malades, les nécessiteux débarquent en quantité. Pour se ressourcer, à quelques occasions, il réussit cependant à retourner s’isoler dans sa chère grotte. Devant l’afflux religieux, les vocations, Saint Honorat se doit en 410 de fonder une communauté. Il l’organise avec des règles très stricte, une chapelle et des cabanes rustiques qui sont édifiées sur l’île sont les prémices d’un monastère. En 426, au contraire de ses vœux, Il lui faut abandonner cette retraite à la demande de ses supérieurs qui le nomme Evêque d’Arles. Il y meurt le 16/01/430 et on se « dispute » ses vêtements et ses ossements pour en faire des reliques.

 

                Après bien des vicissitudes, une partie de celles-ci seront ramenés dans l’église de ce qui est désormais une Abbaye. Son rayonnement marquera, influencera l'histoire, plus particulièrement celle des Alpes du Sud.  En 660Saint Aygulf y établit les règles de l’ordre Bénédictin, plus tard c’est la règle des Cisterciens qui sera suivit par les moines. Les Pèlerins affluent, font pénitence, pieds nus sur les rochers, car s’y rendre, y faire retraite, permet de bénéficier des mêmes indulgences que celles qui seraient obtenues par un voyage en Terre Sainte. Pape, Rois, Nobles et bien des fidèles séjourneront sur ce qui s’appelle désormais l’Ile de Saint Honorat.

 

                 Pendant ce temps dans l’Estérel, les grottes continuent d’attirer d’autres cénobites, certains deviendront célèbres et les pèlerins y sont nombreux. Durant cette période, l’accès en était facilité par la proximité du seul chemin en direction d’Antibes depuis Fréjus. Il suit le tracé de l’ancienne voie romaine, passe par un col qui sera rebaptisé de « l’Evêque » et se poursuit le long du bord de mer. De ce col un court sentier mène à l’ermitage qui est désigné sous le nom de « la Sainte Beaume ». Confusion volontaire de nom avec la grande Baume où vint se retirer en l’an 47 Marie-Madeleine ? En effet au décès de la Sainte en 77, devenu sacrée c’est un lieu de pèlerinage incontournable, quasi obligatoire pour les Rois de France qui se succèdent. Pour abriter les reliques, ces derniers feront construire dans le village proche, St Maximin une basilique « Royale » (1295 à 1592). Si les crêtes de cette montagne paraissent arides, sa nature calcaire en ont fait un énorme réservoir d’eau avec des centaines d’avens, de rivières souterraines, de sources qui sont à l’origine du nom ancien « Mère des Eaux ». Le nom du Massif prend désormais le nom du sanctuaire qu’il abrite « de la Sainte Baume ». Sur le plateau où venait prier la Sainte, une colonne avec une statue est érigée et le lieu baptisé : Saint Pilon. (Un pieloun ou bien pilon désigne un pic, une colonne en provençal). (Elle sera remplacée par une chapelle).  Pour l’Estérel, nouvelle confusion (volontaire ?) à côté du Pic du Cap Roux, le sommet cylindrique bien caractéristique, le Fénier est rebaptisé, le Saint Pilon.

 

               Alors que la grotte versant mer au pied du rocher Saint Barthélémy n’aurait été occupée que par Saint Eucher (né vers 380), les Baumes sont régulièrement occupées par des anachorètes dont plusieurs futurs saints. Ainsi c’est là en 439 que les habitants de Draguignan sont venus y chercher Saint Hermentaire afin qu’il les délivre du Dragon. Il y faisait retraite, après sa nomination à l’évêché d’Embrun.  Avec la période d’insécurité qui commence avec l’installation de « pirates » Sarrazins en 849 à la Garde Freinet (d’où ils vont lancer de nombreux raids, razzias, des enlèvements), les grottes sont abandonnées. Elles ne seront réoccupées par des ermites que vers 1500. L’afflux religieux est bien moindre, la traversée s’effectue désormais par les Adrets et l’accès au site c’est dégradé comme le relate H.B. Saussure en avril 1787 : « parce que pour attirer les pèlerins qui vont là en dévotion au premier de mai, l’Hermite a soin de réparer à l’avance le chemin ou plutôt mauvais sentier qui conduit à l’Hermitage… ».

 

                  Un des plus connu est Laurens Bonhomme vers 1640. Durant 40 ans, il élève des abeilles, tisse, fait de la menuiserie et il a apprivoisé un petit marcassin. C’est à cette époque que fut construit un petit bâtiment près de la fontaine. Succéderont le frère Clapier (des Arcs), le frère Calvy (de Menton). Les archives indiquent que la communauté de St Raphaël était trop pauvre pour lui offrir un missel neuf mais elle lui achètera une soutane pour le protéger du froid…. Suivant l’occupant sur des restanques, se cultivent légumes et arbres fruitiers.  

 

                  Les baumes sont à nouveau désertés en conséquence de la Révolution de 1789, seuls des prêtres réfractaires fuyant la guillotine s’y cachent. Plus tard, les lieux sont mis en fermage, le bâtiment et ses attenances mis à disposition d’éventuels ermites « ...et pour la fête de May… ».

 

Le Conseil Municipal de St Raphaël qui souhaitait que se rétablisse l’occupation religieuse, votera la possibilité d’occuper gratuitement les lieux le 12 mai 1808. Sans succès, d’autant que le Massif est victime de grands incendies (1830, 1835 en 1864 c’est un vrai désert, en 1909 les Adrets sont sauvés par une saute de vent et en 1918 il ne restera seulement qu’un châtaignier…Seuls des proscrits, des bagnards  évadés de Toulon, et retour des choses en 1847, des révolutionnaires pourchassés à leur tour.

 

                 Si la fréquentation se fait touristique avec la venue des riches voyageurs de la Belle Epoque, qu’une piste construite dans les années 1870, pour l’accès aux Maisons Forestières, l’exploitation des forêts, permet aussi les visites de loisirs, la tradition d’un pèlerinage chaque 1er weekend du mois de Mai est maintenue.  Elle réunit Agathoniens, Raphaëlois et Fréjussiens, mêlant carriers du Dramont et bourgeois des villes, bucherons, ouvriers agricoles, pécheurs, métayers et grands propriétaires. L’occasion de se retrouver et après la messe de passer un grand moment de partage avec la fête, les agapes, les musiques et danses qui accompagnent ce grand moment.   

 

                  Passants, randonneurs, simples curieux ou croyants quelle que soit la raison de votre passage,  profitez sans modération de ce site d’exception.         

 

 

     RAPPEL - En 313, Constantin avait accordé la liberté de culte aux Chrétiens autorisant « … Réseau de paroisses, organisations laïques et religieuses, interdits et règles morales, calendrier de fêtes… »

Les Evêques (dont bien celui de FREJUS) mettent en place les structures d'une nouvelle organisation "La Chrétienté ». Face aux incursions de pillards, qui ont déjà commencé à partir du III° siècle, c'est l'organisation de la Chrétienté qui va donc remplacer l'Ordre Romain.

 

Le « commerce » des reliques va entrainer les créations de nombreux sites de pèlerinages.

 

Des bénévoles du Collectif des Usagers Esterel Pour Tous, aidé d’un généreux sponsor préférant garder l’anonymat, sont heureux d’avoir participés à la remise en état des sentiers d’accès et à la sécurisation du site, permettant aux nouveaux pèlerins, aux touristes de réaliser une belle balade aux vues incontournables.

   

Christian CHABERT

  

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