TOPONYMIE  DE L’ ESTÉREL,                                       UNE MONTAGNE DANS LA MER.

DES NOMS, DES LIEUX,  DES USAGES.   (N.B. ****)

POURQUOI CES NOMS DE LIEUX, DE PASSAGES, D’USAGES ? (EN ITALIQUE DANS LE TEXTE)

PLUTÔT UN INVENTAIRE DES NOMS ET DES USAGES, CAR L’ORIGINE DE CES DERNIERS EST BEAUCOUP PLUS COMPLEXE ET TECHNIQUE (VOIR PARAGRAPHE EN FIN DE CET ESSAI).

         

  Le Massif de l’Esterel est une montagne « qui s’avance dans la mer ». Il suffit de regarder la moindre carte pour y retrouver la toponymie utilisée en montagne. Il y a des Pics, des Sommets, des Cols, des Aiguilles, des Falaises, des Gorges, des Grottes, des Rochers, des Ravins, des Vallons, des Plans. Plus locaux, plus provençaux voici des noms : les Baous, les Baumes, les Balmes, les Crottes, les Adrechons, les Baisses, les Rastels, les Gardes ou Gardettes, les Traous, les Clapiers, les Escales, les Colles et Collets, les Redons.

 

             Le Massif de l’Esterel a été habité, exploité, parcouru mais comme toute montagne c’est un ensemble d’une géographie compliquée.  Pour s’orienter, il a été nécessaire pour les habitants, les voyageurs de définir des repères, de baptiser des « lieux dits » et pour cela on va choisir, trouver bien des noms, des images, des évocations, un parler.

 

             Comme déjà au plus simple, par les couleurs : Cap Roux, Baisse Violette, Pierre Blave, Roche Noire, Colle Rousse, la Roque, le Rocher Brun, Roquebrune. Attention l’appellation Roussivau n’est pas la référence à une couleur mais a un évènement, le feu : voici le Val Roussi.

D’autres indications évidentes justifiées par l’orientation : Adrets, Ubac, Miramar, Dramont ou par le vent qui y souffle, avec le col du Mistral ou le col de Malpey, réputé pour ses courants d’air. Quant au col de la Pourrasque, ce n’est pas le terme déformé d’une bourrasque, car la traduction du Provençal nous renvoie à la présence d’une plante/fleur le Pourraco c’est à dire l’Asphodèle. En effet, les anciens pouvaient même être poètes avec le ravin de la Fleur ou prospère volontiers le Bleuet. En utilisant la langue provençale le même poète a baptisé le torrent proche, le Blavet, avec son eau cristalline, bien claire qui est blave (bleue).  Blave pareillement, le porphyre de l'Estérel, l’estérelitte, exploité dans les carrières du Dramont. Cette roche magmatique se retrouve dans les inclusions de la proche pointe de la Pierre Blave.

 

               Facilement une roche va être désignée par sa forme, comme Pennafort un ensemble qui a l’aspect de forteresse, ou le Planestel un espace plat en forme d’étoile. Parfois c’est une configuration particulière, comme les Pointes Longues, les Petignons, le col du Rouet ou bien c’est la ressemblance d’un bloc avec un profil, le Mourre (le Maure) et s’il est au nord comme il y fait froid, cela devient le Mourrefrey

              Inépuisable, le glossaire des noms d’animaux :

Les sauvages comme : l’Ecureuil (le lac), le Grenouillet (là ou vivent les grenouilles), la Louve (et sa tanière), l’Ours (le Pic), des Sangliers (la Baisse), le Porfait, (le porc rayé c'est-à-dire un marcassin), le Lièvre (le Pas du), la Bécasse (le pont de) et des Perdreaux (le vallon), des Anguilles (et la source) et le gué du Corbeau. Plus sauvage encore, le Pey Servier : une déformation du terme peiro (la pierre) ou de puy (la colline) car c’est là qu’habite le Serviero (le lynx). Enfin, là-bas, émergeant de la mer ce sont les îles : du Lion de Terre et du Lion de Mer.

              Le risque de temps à autre, c’est de faire une confusion ! Par exemple, les sommets des Petites ou des Grandes Grues ne sont pas des lieux visités par ces oiseaux, mais il faut savoir que le terme provençal, les Grouas a été déformé. Les Grouas c’est le lieu où les anciens déposaient les ruches pour le couvain, afin que fécondent les reines d’abeilles. Toujours pour le miel, on va choisir un vallon ensoleillé, un Apie où de plus chantent les cigales qui devient l’Apie du Cigalon. Ne pas oublier le pont du Pigeonnier, mais dans ce cas, il est fait un rapprochement avec la superbe aiguille volcanique qui domine la piste et peut correspondre à un perchoir pour ces volatiles.

 

              A l’identique, les animaux domestiques ont donné pleins de références : Il y a leurs vallons : de la Cabre (la chèvre), des Saoumes (les ânesses), des endroits où ils dormaient : la couche de l’Ane ou bien là où ils étaient parqués : le corral du Bœuf ou le quartier de la Bouverie. Partant d’Agay, il y a les drailles, ces pistes où l’on fait circuler ces troupeaux. Comme ils franchissent des collets, ces passages deviennent le Pas des Petites Vaches et le Pas des Grosses Vaches. Un vrai col sur la voie de communication principale pour franchir le massif a été justement nommé car voilà bien un endroit où les chevaux ont « piétinés » pendant des siècles : l’Estarpe du Cheval.

               Il faut des sources pour toute cette faune, ce bétail : Le Font, la Foux, le Bon Puits. Une eau précieuse dont il faut définir les qualités et ce sera : Aiguebonne, Valbonnette ! Il y a le Gargalon (qui gargouille ?) et la Garonne, la rivière caillouteuse. (Là encore, problème ? car la racine Gar suivant les linguistes peut se traduire par « caillou » mais les Celtes, nos ancêtres, utilisaient le terme Ver pour nommer l’eau ! Pas bien loin, coule un fleuve côtier puissant le Var – qui d’ailleurs ne coule jamais dans son département, mais c’est une autre histoire !).  

               Restons simple, l’Endre, indique bien l’endroit où se trouve une rivière et à l’identique c’est là-bas : l’Endole. Intéressant, l’utilisation du terme le : Gabre. Tel un cabri, voici le torrent qui saute, danse. Par contre, dans ce vallon dit le Gabre du Moulin, pas de ruines d’un Moulin.  Une forme, un nom déformé ? Plus facile, l’Avellan, un des noms donnés au noisetier mais on peut aussi aller plus près comme aux Veissières où il y en a beaucoup.  A noter que parce qu’on peut couder, courber les branches de cet arbuste, il est donc aussi surnommé : le Coudrier. Bientôt, ce sera l’origine des noms de quartier et aussi des noms de famille.  

              Ces torrents, au régime aléatoire, posent parfois des difficultés (y compris dans l’origine du nom). Alors peut-être, sommes-nous coincés dans ce petit vallon par le Malavalette où bien c’est le Pédégal, celui qu’il faut franchir à pied ? Il y en a même un parce qu’il roule des pierres, donnera son nom à un quartier : Boulouris. Enfin, voilà peut-être le Roi (ou le Tyran ?) des ruisseaux : le Reyran.

 

              On va distinguer les terres favorables : les Lentisques, les Prés (des Adrets), des mauvaises terres : l’Aigre, le Pelet, les Ecarts, les Gratadis, les Terres Gastes. Il y a même la Prison. Pour une pause, elle se fait à l’aire de l’Olivier ou bien c’est l’Espelido, un emplacement au soleil qui est recommandé. Il faut savoir choisir un endroit qui bénéficie d’une bonne exposition, où cela germe, éclot : voici l’Espoutier. Mais à l’opposé, les Prabauquous sont des prés herbeux qui envahis par le Baouco. (La bauque) sont désormais bien maigres.   

             Il y a les forêts réglementées : les Défends et celles qui sont exploitées des résineux : le Pinet, la Pignatelle. C’est à la Cadière que l’on coupe les troncs, branches et souches des Genévriers Cade (Juniperus oxycedrus) pour en extraire l’huile par chauffage. C’est une poix qui Pégue et pour cela c’est aux Péguières que l’on va construire des fours : les Pégoulieres.

             De même, une autre récolte de résine se fait régulièrement sur les pins d’Alep ou Maritime. Connue pour son emploi militaire dans la fabrication du feu grégeois, les propriétés de cette dernière permettent des usages multiples pour traiter les cordes, calfater les bateaux, s’éclairer. Pour se fournir en charpentes on va au « Tremblant » couper cette variété de peupliers, le Tremble.  Les forêts de chênes lièges (appelé aussi l’Ecorcier, le Suve) sont des Subéraies, dont on tirera les noms de quartiers : Suveret, Suvières.  

 

            Maure Vieil, voilà l’exemple parfait d’une confusion possible. Dans leurs périples, les Grecs vont utiliser le terme Maure qui se traduit, définit tout ce qui est sombre, foncé. Ainsi, pour ces navigateurs, depuis la mer, entre le « rouge » volcanique de l’Esterel, et le « blanc » des calcaires de la Provence, il y a un maquis bien sombre : Ce sera le massif Maure. … De même, ces découvreurs, lorsqu’ils vont rencontrer une personne à peau foncée, vont le surnommer le Mourre, le Maure ! D’où vient-il ? De la Mauritanie ! ….

            

             L’escalade, le déplacement dans les rochers, est pratiqué dans l’Esterel, depuis la préhistoire : Transits, chasses, cueillettes, pharmacopées, rites, dresser ces pierres levées qui « gardent » comme le menhir du Pic de la Gardiette et bien sûr trouver des abris comme à la grotte du Mureon. (Entouré de murailles ?)

             Plus tard, ce sont des besoins d’emplacements défensifs, à l’âge du Fer, les oppidums : La Forteresse (Bagnols en Forêt) le Pic du Perthus (Saint Raphael). Le sommet de l’Auriasque a permis aux légions de surveiller la voie romaine. Au Moyen Age on occupe le Castellas, la Gardiette.

              Dans les zones refuges se cacheront des bandits comme le célèbre Gaspard (de Besse sur Issole). Cachettes aussi pour les résistants : à Charles Quint (1536), aux troupes d’Occupation (italiennes d’abord 1940 - 1942 puis allemandes.1942 - 1944). Une période durant laquelle seront relogés dans les Maisons Forestières, les habitants expulsés du village d’Agay. Une baie de qualité, utilisée comme port par les Grecs d’où le nom d’Agathon. Un abri déjà fréquenté pendant la préhistoire car on y échangeait l’obsidienne venue de l’île de Lipari. Pour tous ces militaires, il faut des sommets : Pic d’Aurèle, des tours de guet : Mont Vinaigre, des sémaphores : Cap Dramont, des fortifications : Cap Roux. A l’époque médiévale, la colline de San Peyre (la Napoule) est parfaite pour y construire un château et pour les besoins pratiques de l’époque, il a été aménagé à coté la colline des Pendus.

 

             En parallèle la vie religieuse va combattre les hérétiques qui s’assemblent dans les rochers de l’’Eglise des Païens. Il faut éviter le diable qui se trouve à l’Infernet comme au Malinfert et pour se protéger il faut « sacraliser » les sommets : Saint Pilon, Saint Martin, Saint Jean (et son rocher dit de la Chapelle). Il faut favoriser les sanctuaires : le rocher Saint Barthelemy, le lac ou bien le vallon Saint Esprit et les ermitages : Saint Honorat à la Ste Baume. Pour le paysage, on va aussi utiliser des formes religieuses avec le Bonnet du Capelan (le chapeau du Curé), ou encore au loin, comme ces moines (les Mounges) qui cheminent, voilà le rocher des Monges. Pour faire bonne mesure ne pas oublier, retiré, secret, étroit, le pas du Confessionnal.

             Et puis il y a sur le chemin de drôles de pierres ? D’une forme très spécifique, ovales à rondes, de couleurs grises à brunes agrémentées de roses ou de verts. Cassées, coupées, on découvre un cœur de cristaux multicolores. Ne pouvant en définir, en expliquer l’origine, les habitants vont les diaboliser et ce sera la piste des Œufs de Bouc.  Les géologues, déferont le mythe de ces lithophyses, (Du grec : lithos, pierre et phusa, bulle). Ce sont des géodes, qu’ont laissées les coulées de lave et au centre, la silice qui s’est cristallisée a été superbement colorée par des oxydes.

             

             Comme l’Estérel est une montagne, elle fournit du travail et il y a des secteurs où transitent les Charretiers qui vont aux Ferrières (les Châtaigniers). Ils mangent aux Cantines. Pour se déplacer ils doivent emprunter le Pas des Mules, ou bien passer par le col des Trois Termes, l’endroit où se terminent les 3 communes (et 2 départements).

Entre les 2 Evêchés (Fréjus et Grasse), on suit une des branches de l’ancienne voie romaine qui passe par un col qui devient celui l’Evêque. Plus loin il faut franchir le col de Notre Dame. Pour cela il faut éviter les endroits hasardeux : Malpasset, Maraval, ventés, froids : Maltemps, Malvoisin ou bien celui où l’on peut faire un mauvais saut, car abrupt : le Marsaou.

             On va chercher, fabriquer, vendre des matériaux : Bois et charbon de bois : les Charbonniers. Pour fabriquer l’escoube, le balai provençal, il faut couper force de branches de la bruyère à balais (Erica scoparia) alors que ce sont les racines de la bruyère arborescente (la blanche - Erica Arboréa-) qui sont extraites pour la fabrication des pipes dites de Cogolin.

Pour construire, Aqueduc, Arènes, Cathédrale à Fréjus, Vieille Eglise de St Raphaël, il faut des carrières comme aux Caous près du Dramont. Afin de fabriquer des meules (huile, céréales) on installe des tailleries à la Pierre du Coucou (cotaria, radical latin pour carrière).

La pierre toujours : On va habiter sur le sommet rond, le Peyron, Pour poser les ruches, on les installe dans un bel endroit sur des pierres plates et c’est l’Aire Peyronne (déformation de Peironne ?). Pas très loin on va trouver un lieu dit Peyseparade et comme par hasard on y trouve une pierre séparée (peiro separado). Proche d’un ensemble avec de nombreux menhirs, une trace de la Préhistoire ?

Exceptionnel à quasi unique, un bel ouvrage en pierres, c’est une glacière, qui ne pouvait être créée qu’au fond d’un vallon, un endroit très froid, c’est le « Font Freye ».

                  N’oublions pas les pêcheurs qui utilisent le plan incliné d’une belle crique, le Poussaï, pour y pousser leurs embarcations, les Pointus. Pêcher à la Rague, c’est jeter sa ligne dans les cavités rocheuses et pêcher à l’Agachon c’est savoir se cacher et attendre. Si un coin est riche en Sar, pourquoi ne pas les baptiser du nom commun de ce poisson : c’est la Pointe et aussi l’île des Vieilles. Autre manière de repérer un site marin, s’inspirer de l’histoire, d’un naufrage : la Pointe de la Galère.

              Heureusement il y aussi les loisirs et si l’on veut chasser les grives, il se poster au Postillon. On peut même aller danser au Baladou où bien se réunir à un endroit joyeux : Jausiers.            

              Pour les échanges, reprenant des cheminements logiques, issus de la Préhistoire, les sentes, les pistes ligures, les Romains vont construire la Via Aurelia. Elle deviendra route des postes Royales puis route Napoléon et pour finir en route dItalie. Tous ces besoins de communications doivent franchir des cols : Testanier, Théoule, Mistral en évitant les mauvais endroits : Malpasset.

Il faut construire des ponts, celui du Sarrazin ou bien plus ancien, au soubassement romain celui proche d’un village relais et de sa célèbre auberge des : Adrets et plus tard on édifiera le logis de Paris.  Accompagnant la création de réseaux de pistes et de sentiers d’exploitation, se bâtissent des Maisons Forestières qui portent le nom du lieu où elles sont implantées, Gratadis, la Lauve, Dramont, mais aussi d’usage, comme : les Cantonniers ou de personne comme : de la Duchesse (de Valombrosa, figure de la vie de la haute société cannoise dans les années 1860 et qui en posa la première pierre. 

              Pour d’autres lieux, Il y a eu bien sur d’autres noms : Noble comme : la Baronne, Bourgeois comme : Sénéquier (les arches de l’aqueduc) ou Communs : Boson, Beraut, Mathieu, Aubert. Si les baumes occupés par notre célèbre brigand Gaspardà Besse sur Issole ne paraissent pas avoir données d’appellation, un contrebandier avait sa grotte : « Gardanne ».  Elle est à côté de la bien nommée pointe de l’Aiguille.

              Ne pas oublier les traditions et avec le pèlerinage à la grotte de la Sainte Baume, les Agathoniens retrouvent les Raphaëlois au col du rendez-vous.

            

              Voilà encore un autre piège : la crique des Anglais ! Certainement pas des touristes, ces soldats qui le 10/12/1813 débarquent pour attaquer les fortins du Camp long et de la Baumette qui protègent la baie d’Agay. Ils viennent de la flotte anglaise qui attaque et coulera la canonnière l’Aire et la goélette l’Estafette. Petite reproduction de la bataille de Trafalgar (10/1805) !

              Plus pacifique en effet plus tard, c’est l’installation d’une forte colonie Anglaise avec son église, ses villas et à qui il faut un terrain de Golf (1895). Le Val Obscur (le Vallis Obscurcis) fait de forêts sombres, devient le Val de cure, puis le Valescure, une déformation du nom comme d’autres au XIX° soit par les géographes mais aussi par les promoteurs (déjà !) car c’est naturellement bien plus vendeur…). Nous sommes à la Belle Epoque, et le développement du train (1863), le PLM, va favoriser l’arrivée des gens fortunés et en conséquence permettre que se développe un nouvel usage du Massif de l’Esterel : Les Loisirs !

               Présents aussi à la Napoule, les anglais y retrouvent des aristocrates russes et pour permettre l’accès au golf de St Andrews, ces derniers obtiennent une gare PLM (1893).

              Avec l’essor de l’automobile, le tourisme de luxe s’accélère, et ces gens fortunés vont favoriser l’action du Touring Club, action qui permettra la construction de la Corniche d’or.

              Pour se distraire, on allait avec des balades en calèche ou à dos de mules à la découverte de sites comme au Cap Roux avec sa table d’orientation Touring club. A l’arrivée, sur le chemin, il y a des jeunes filles en costume provençal qui offrent des brins de mimosas. Autre exemple de cette époque insouciante, A. Lutaud, créa en 1912, un royaume imaginaire dont il se nomma le roi : Devenu Auguste 1er, il y organise des fêtes très courues par la bonne société et comme il fait fabriquer ses timbres à sa monnaie, ce sera l’Ile d’Or où il vient de faire bâtir une tour sur le modèle sarrasin.               

              A l’occasion des deux guerres mondiales, ce sont d’autres « usagers » qui arrivent, font garnisons. Ce sont d’abord les troupes venues de tout l’empire Colonial Français. Avec une majorité de recrutés en Afrique subsaharienne, mais aussi des Comores, de Madagascar et d’Indochine.

Pour la deuxième, il y aura bien des uniformes et l’on en aura, on en verra de toutes couleurs. Du Bleu au Kaki avec un épisode Sable puis Vert de Gris….

              

              Juste avant cette période difficile, Il y a eu l’avènement des « congés payés ». Le tourisme d’hiver va être remplacé par les vacances d’été et c’est un grand bouleversement qui provoquera la transformation des villages et villages en stations balnéaires.

            Au final s’y ajouteront les besoins modernes pas forcément esthétiques : Après les routes nationales : RN 7, les voies ferrées qui utilisent les carrières d’Estérellite extraite au Dramont, au Caous. Viennent les pylônes pour les transports d’électricité, des antennes de Télécommunications : Pic de l’Ours, Mont Vinaigre, Cap Dramont et la première autoroute à péage de France coupe en deux le massif et s’appelle bien sur : Esterel- Côte d’Azur.

 

Enfin bien sûr, d’où vient le nom du Massif, l’Estereu en provençal ?   

             Celto ligure de par le nom de la tribu les Suelteri, Pré-latin avec Ester (le Rocher) et comme il faut des légendes il y a une fée, Estérelle ! A côté de la légende avec la version provençale de Estello - l’étoile - il y a Esterlo – l’infertilité. Voilà une piste intéressante car si tout simplement, il les romains, en opposition à la riche plaine de l’Argens ont baptisé ce qu’il s’agissait pour eux d’un ensemble impropre à la culture stérile : Es sterilis !  

              De même, mais d’où vient le nom de Théole, un beau rocher, au bord du plateau d’Anthéor, Faut-il chercher l’origine de Théoule, mais aussi d’Anthéor dans ces racines ligures. A priori, c’était le nom d’une déesse de la mer Telo ? qui serait repris ensuite puisqu’il existe une Sainte Théole (25 mars) mais c’est oublier qu’en provençal une tuile se dit Téule. (Existence d’une tuilerie ???) 

Pour Anthéor, s’agit-il d’une variante, une déformation car ce quartier sympathique est situé juste sous ce rocher, un site d’escalade au pied du Cap Roux.  

 

             2.150.000 passages recensés en 2017 dans le Massif de l’Esterel…Vous en faites partie ? Simple visiteur ? Sportif ? A vous de découvrir d’autres noms, d’autres lieux, d’autres usages….

 

Merci par votre présence de faire vivre ce Massif Exceptionnel et surtout, merci de respecter ce patrimoine qui s’est construit pendant 40 millions d’années. (Un épisode géologique très volcanique qui a débuté il y a 290 millions d’années).

 

             Comme dans les jeux : il faut maintenant répondre à la question : D’où vient le nom du plus haut sommet du Massif ? : Le mont Vinaigre.

Parmi les versions les plus fréquentes c’est d’expliquer que c’est que l’endroit où les anciens récoltaient les fruits acides de l’arbre à perruques. (Sumac des Corroyeurs) pour en faire du vinaigre. Ou bien il se dit qu’il y avait de mauvaises vignes avec lesquelles on faisait un mauvais vin !

On peut aussi parler de la couleur de la roche qui rappelle celle du vinaigre.

Certains évoqueront la Météo : « il va faire vinaigre » car c’est le premier et dernier sommet qui concentre les intempéries… Et là nous sommes peut-être encore plus proche de l’origine du nom.

Car l’origine de bien des noms, « notre étymologie » est en partie pré-indo-européenne (NB***) . Avant les Celtes et les Grecs, rappelons que le pays était celui des Ligures, les constructeurs d’Oppidums. Des habitants dont la langue s’est perdue mais dont il reste des traces : Ven ou Vin se retrouve dans Ventoux, Ventabren, Venturi (le nom de le Ste Victoire, …) et désigne un sommet une crête……

Alors ???

 

 

(NB ***) Si les appellations ont fait l’objet de recherches, de vérifications, il est bien évident que le présent texte comporte des erreurs, des hypothèses, des choix, dans l’explication, l’interprétation d’une toponymie.

Les origines de ces noms, celtes, ligures, romains, venus du moyen âge, du Provençal et même très récents, nous donnent aussi parfois plusieurs solutions. Mais il faut surtout ne pas oublier d’enrichir la recherche avec une approche des origines pré-indo-européenne (PIE) c’est-à-dire dans les racines oronymiques (ex : la racine MAL qui devient « mauvais » en latin _ Malpasset, Malpey, Maltemps) ou bien les racines hydronymiques comme FER qui en latin devient enfer, infernet ou AR qui se retrouve dans Ardèche, Ariège et plus proche de chez nous Artuby, Nartuby et bien sûr Argens.

                          

Au lecteur de choisir, car ce texte n’engage que son auteur !

 

                                                                         

 

                                                                       Christian CHABERT

 

BIBLIOGRAPHIE : en particulier

 

* Fréderic Mistral : Lou Trésor Dou Félibrige et son complément de Jules RONJAT 

* Marius et Jean Claude AUTRAN : Dictionnaire Lexilogos

* Sources diverses pour la toponymie (Internet et autres documents)

* Sources diverses Historiques dont Wikepedia

* Sites des Offices de Tourisme des villes de : les Adrets de l’Esterel, Fréjus, St Raphael, Théoule sur Mer, Mandelieu la Napoule.

 

 

 

 

ANNEXE : d’autres USAGES

 

             1950, Finit, le bruit régulier des haches à écorcer des Leveurs de lièges, les entailles de hachpot dans les pins pour que des Résiniers ou gemmeurs en recueillent la précieuse résine. Terminées les meules couvertes de terre pour fabriquer le charbon de bois.  Après les vendanges, plus d’allumage des enguentières, l’autre nom de ces fours en pierre que construisaient les enguentiés pour extraire du Cade, son huile cicatrisante. Où sont les Ramasseuses de pignons pour la pâtisserie, les salades ? Eteints les coups sourds des destraou, les haches des Bouscatiers qui débitent les bois pour les mines, sous l’œil des Forestiers de l’administration des Eaux et Forêts…  Désormais, la forêt, le maquis en dehors des apiculteurs, des chasseurs et des pêcheurs, des ramasseurs de champignons ou de pommes de pins, en dehors de la transhumance d’une bergère et de ses moutons, le Massif de l’Esterel voit passer des Usagers bien différents, ceux des loisirs. Du sportif accompli aux familles, simples promeneurs amoureux du massif aux touristes de passage.

 

             Il y a les pratiquants de la marche, familiale à sportive, mordus de la randonnée pédestre ou coureurs de trail qui sont côtoyés désormais par des cyclistes, des vététistes. Cette dernière activité est devenue un des plus importante et continuer de progresser avec les vélos à assistance électrique. (VAE).

             Les cavaliers ne sont pas en reste et les activités liées à la mer, dont la plongée sous-marine, sont nombreuses car on ne doit pas oublier qu’un gros morceau du Massif de l’Esterel est sous la mer.

             Une mention pour l’activité Escalade. Mais, si ce loisir s’est donc considérablement développé dans le Massif de l’Esterel, le nombre de grimpeurs n’est en rien comparable avec les autres disciplines. Une activité qui commence vraiment en 1940, au Cap Roux, avec un grand alpiniste, le guide Karékine Gurékian. Puis il y a eu des lieux d’initiations, d’entrainements vers 1955, 1960 * Roussivau, Pic du Perthus, Cap Roux, Les Monges*. Désormais deux ensembles connaissent une réputation et une fréquentation internationale, le Cap du Dramont et les Gorges du Blavet. Les raisons de ce développement sont dans les qualités de cette roche volcanique, la Rhyolite, l’accessibilité des sites depuis de grandes agglomérations avec un intérêt décuplé par les conditions climatiques de la région Provence Côte d’Azur. Une roche déjà originale par son adhérence, son toucher, bénéficie d’une couleur amarante unique qui vient trancher sur les bleus et les verts. Bien évidemment ce sont les raisons pour que l’Esterel s’ajoute aux incontournables de l’escalade en falaise ou sur blocs.

 

 

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