TOPONYMIE  de L’ ESTÉREL,                                                             une montagne dans la Mer.                                                            Des noms, des lieux,  des usages.   (N.B. ****)

 

             Le Massif de l’Esterel est une montagne « qui s’avance dans la mer ». Il suffit de regarder la moindre carte pour y retrouver la toponymie utilisée en montagne. Il y a des Pics, des Sommets, des Cols, des Aiguilles, des Falaises, des Gorges, des Grottes, des Rochers, des Ravins, des Vallons, des Plans. Plus locaux, plus provençaux voici des noms : les Baous, les Baumes, les Balmes, les Crottes, les Adrechons, les Baisses, les Rastels, les Gardes ou Gardettes, les Traous, les Clapiers, les Escales, les Colles et Collets, les Redons.

 

             Le Massif de l’Esterel a été habité, exploité, parcouru mais comme toute montagne c’est un ensemble d’une géographie compliquée.  Pour s’orienter, il a été nécessaire pour les habitants, les voyageurs de définir des repères, de baptiser des « lieux dits » et pour cela on va choisir, trouver bien des noms, des images, des évocations, un parler.

             Comme déjà au plus simple,  par les couleurs : Roussivau, Cap Roux, Baisse Violette, Pierre Blave, Roche Noire, Colle Rousse, la Roque ( le Rocher Brun, Roquebrune) ou bien par l’orientation Adrets, Ubac, Miramar, Dramont. Référence aussi au mauvais vent avec le col du Mistral  et  comme peut être à l’origine du nom du col de Malpey, plein de courants d’air. Quant au col de la Pourrasque, ce n’est pas le terme Bourrasque déformé, car la traduction du Provençal nous renvoie à la présence d’une plante/fleur : l’Asphodèle. En effet,  les anciens pouvaient même être poètes avec le ravin de la Fleur  et juste à coté, le même poète a nommé le torrent proche, le Blavet, en utilisant deux possibilités : La couleur de la fleur, le Bleuet ? Ou bien c’est l’eau cristalline qui y coule, bien claire, bleue. 

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Il y a les formes, comme un rocher qui a l’aspect de forteresse Pennafort,, un espace plat en forme d’étoile le Planestel,  une configuration particulière,  les Pointes Longues ou une face de roche, le Mourre et si elle  est au nord il y fait froid c’est le Mourrefrey

 

             Il y a les animaux : Sauvages comme : l’Ecureuil (le lac), le Grenouillet (là ou vivent les grenouilles), la Louve (et sa tanière), l’Ours (le Pic), des Sangliers (la Baisse), le Porfait, (le porc rayé c'est-à-dire un marcassin) .  le Lièvre (le Pas), la Bécasse (le pont) et des Perdreaux (le vallon),  des Anguilles (la source). Plus sauvage encore, Il y a prés des Adrets, le Pey Servier : une déformation du terme peiro (la pierre) ou de puy (la colline) car c’est là qu’habite le Serviero (le lynx). Enfin, la bas,  émergeant de la mer ce sont  les îles : du Lion de Terre et  du Lion de Mer.

 

             De même, les d’animaux domestiques  ont donnés pleins de références: Ils ont leurs vallons : de la Cabre (la chèvre), des Saoumes (les ânesses), de la couche de l’Ane ou bien c’est celui du corral du Bœuf. Leurs pistes franchissent des cols et ces derniers deviennent le Pas des Petites Vaches et le Pas des Grosses Vaches quant à l’Estarpe du Cheval c’est bien le chemin, l’ancienne voie romaine, puis voie de transit principale où les chevaux ont circulés, piétinés pendant des siècles. Le risque parfois, c’est qu’il ne faut pas confondre les sommets des Petites ou des Grandes Grues avec la désignation de lieux visités par des oiseaux, mais savoir que le terme provençal, les Grouas a été déformé.  les Grouas  c’est le lieu où les anciens déposaient les ruches pour le couvain, afin que fécondent les reines d’abeilles. Toujours pour le miel, on va choisir un vallon ensoleillé, un Apie ou de plus chantent les cigales et c’est l’Apie du Cigalon. Ne pas oublier le pont du Pigeonnier, mais dans ce cas, le nom fait vraisemblablement référence à la superbe aiguille volcanique qui domine la piste et non pas à un habitat de ces volatiles.

 

               Il faut des sources pour toute cette faune, ce bétail : Le Font, la Foux, le Bon Puits. Une eau précieuse dont il faut définir les qualités et ce sera : Aiguebonne, Valbonnette ! Il y a  le Gargalon qui gargouille et la Garonne, ce cours d’eau qui vient des rochers : les Gars. La encore, problème, car la racine Gar est utilisée pour désigner, un ruisseau, une rivière et peut être suivant la prononciation c’est l’origine du nom du fleuve côtier : leVar. Plus loin, l’Endre,  indique un endroit ou bien l’Endole, la rivière. Intéressant, l’utilisation du terme le Gabre. Tel un cabri, voici le torrent qui saute, danse. Par contre, dans ce vallon dit le Cabre du Moulin, pas de ruines d’un Moulin.  Une forme, un nom déformé ? Plus facile, l’Avellan, un de noms donné au noisetier. Pour les Provençaux, on va aussi récolter ces noisettes (les Veissières).  Cela donnera son nom à un futur quartier (et nom de famille).  A noter que parce qu’on peut couder, courber les branches de cet arbrisseau, il est donc aussi surnommé : le Coudrier.

Ces torrents, au régime aléatoire, posent parfois des difficultés. Ici, en effet nous sommes coincés dans le petit vallon où coule le Malavalette où bien c’est le Pédégal, celui qu’il faut  franchir à pied. Il y en a même un qui roule les pierres et qui donnera son nom à un quartier : Boulouris et enfin, voilà  peut être le Roi des ruisseaux : le Reyran.

 

              On va distinguer les terres favorables : l’Avellan, les Lentisques, les Prés  (des Adrets), des mauvaises terres : l’Aigre, le Pelet, les Ecarts, les Gratadis, les Terres Gastes. Il y a même la Prison. Un emplacement au soleil est recommandé ce sera l’Espelido et plus loin, voici un endroit qui bénéficie d’une bonne exposition, où cela germe, éclot : voici l’Espoutier. A coté de Prabauquous, les prés herbeux, il y a les forêts.

             A coté des forêts réglementées : les Défends,  il ya celles qui sont exploitables pour leurs Pins c’est le Pinet, la Pignatelle, mais c’est à la Cadière que l’on coupe les troncs, branches et souches des Genévriers Cade.  Par chauffage on va en extraire, l’huile, cette poix qui Pégue et pour cela c’est aux Péguières que l’on va construire des fours les Pégoulieres. Pour se fournir en charpentes coupe au « Tremblant » cette variété de peupliers, le Tremble.  Les forêts de chênes lièges (l’Ecorcier, le Suve) sont des Subéraies, dont on tirera  les noms de quartiers : Suveret, Suvières.

            Maure Vieil, voilà l’exemple d’une confusion possible. Dans leurs périples, les Grecs vont utiliser le terme Maure qui se traduit, définit tout ce qui est sombre, foncé. Ainsi, pour ces navigateurs, depuis la mer, entre le « rouge » volcanique de l’Esterel, et le « blanc » des calcaires de la Provence, il y a un massif Maure, noir ténébreux . De même, s’ils rencontrent un personne à peau foncée : c’est un Maure ! D’où vient-il ? De la Mauritanie !….

             Comme c’est une montagne, elle fournit du travail et il y a des secteurs où transitent les Charretiers qui vont aux Ferrières (les Châtaigniers). Ils mangent aux Cantines. Pour se déplacer il faut emprunter le Pas des Mules, ou bien passer par le col des Trois Termes, l’endroit où se terminent les 3 communes (et 2 départements).

Entre les 2 Evêchés,  on suit une des branches de l’ancienne voie romaine, la Via Aurélia  et le col devient  celui l’Evêque  Plus loin il faut franchir le col de Notre Dame. Pour cela il faut éviter les endroits hasardeux : Malpasset, Maraval, ventés, froids : Maltemps, Malvoisin ou bien celui ou l’on peut faire un mauvais saut, car abrupt : le Marsaou,

 

             N’oublions pas les pêcheurs qui utilisent le plan incliné d’une belle crique, le Poussaï,  pour y pousser leurs embarcations, les Pointus. Pêcher à la Rague, c’est jeter sa ligne dans les cavités rocheuses ou pêcher à l’Agachon c’est savoir se poster et attendre. Si un coin est riche en Sar, pourquoi ne pas les baptiser du nom commun de ce poisson : c’est la Pointe  et l’île des Vieilles. Autre manière de repérer un site marin, s’inspirer de l’histoire, d’un naufrage : la Pointe de la Galère.

             Heureusement il y aussi les loisirs et si l’on veut chasser les grives, il faut s’installer au Postillon. On peut même aller danser au Baladou où bien se réunir à un endroit joyeux : Jausiers. 

 

             L’escalade, le déplacement dans les rochers, est pratiqué dans l’Esterel, depuis la préhistoire : Transits, chasses, cueillettes, pharmacopées, rites, dresser ces pierres levées, les menhirs (Pic de la Gardiette) et bien sur trouver des  Habitats dans des abris comme à la  Bouverie.

             Plus tard, ce sont des besoins d’emplacements défensifs, à l’âge du Fer, les oppidums : La Forteresse (Bagnols en Forêt) le Pic du Perthus. A  la période Romaine : l’Auriasque pour surveiller la voie romaine. Au Moyen Age on occupe le Castellas, la Gardiette.

              Dans les zones refuges se cacheront des bandits comme le célèbre Gaspard de Besse. Cachettes aussi pour les résistants : à Charles Quint (1536), aux troupes d’Occupation (italiennes d’abord 1940 - 1942 puis allemandes.1942, 1944). Une période durant laquelle seront relogés dans les Maisons Forestières, les  habitants expulsés du village d’Agay. Une baie de qualité, utilisée comme port par les Grecs d’où le nom d’Agathon. Un abri déjà fréquenté pendant la préhistoire car on y échangeait l’obsidienne venue de l’île de Lipari. Pour tous ces militaires, il faut des sommets : Pic d’Aurèle, des tours de guet : Mont Vinaigre, des sémaphores : Cap Dramont, des fortifications : Cap Roux. A l’époque médiévale, on a construit un château sur la colline de San Peyre  (la Napoule) et pour les besoins pratiques de l’époque, on a aménagé à coté la colline des Pendus.

 

             En parallèle la vie religieuse va combattre les hérétiques qui s’assemblent dans les rochers de: lEglise des Païens. Il faut éviter le diable qui se trouve à l’Infernet comme au Malinfert. Et donc

sacraliser les sommets : Saint Pilon, Saint Martin, Saint Jean (et son rocher dit de la Chapelle). Il faut favoriser les sanctuaires : le rocher Saint Barthelemy, le lac ou bien le vallon Saint Esprit et les ermitages : Saint Honorat à la Ste Baume, Pour le paysage, on va aussi utiliser des formes religieuses avec le Bonnet du Capelan (le chapeau du Curé), ou encore au loin, comme ces moines qui cheminent, voilà le rocher des Monges. Pour faire bonne mesure ne pas oublier, retiré, secret, étroit,  le pas du Confessionnal. Au passage, il y a ces géodes, les lithophyses, (Du grec : lithos, pierre et phusa, bulle). D’une forme très spécifique, grises à brunes, vertes à roses, ce sont de drôles de pierre qu’ont laissées  les coulées de lave. Ne pouvant en définir, en expliquer l’origine,  les habitants vont les diaboliser et ce sera la piste des Œufs de Bouc.

             

             Avec toutes ces activités, ces besoins, on va chercher, vendre des matériaux : Bois et charbon de bois : les Charbonniers. Extraire la résine des pins, l’huile des cades et de la bruyère on va pouvoir fabriquer des balais, l’Escoube, en  provençal. Pour construire, Aqueduc, Arènes, Cathédrale à Fréjus, Vieille Eglise de St Raphaël, il faut des carrières comme aux Caous. Afin de fabriquer des meules (huile, céréales) on installe des tailleries à la Pierre du Coucou (cotaria, radical latin pour carrière).

La pierre toujours : On va habiter sur la pierre ronde, le Peyron, Pour poser les ruches, on va installer dans un bel endroit des pierres plates et c’est l’Aire Peyronne (déformation de Peironne ?). Pas très loin on va trouver un lieu dit Peyseparade et comme par hasard on y trouve une pierre séparée (peiro separado). Proche d’un ensemble avec de nombreux menhir, une trace de la Préhistoire ?

Exceptionnel, un bel ouvrage en pierres, c’est une glacière, qui ne pouvait être construite que dans un endroit froid. Elle est de ce fait nécessairement bâtie au fond du vallon de « Font Freye ».

            

              Pour les échanges il faut procéder à la création de voies : la Via Aurélia, la route d’Italie, construire des ponts, celui du Sarrazin ou bien plus ancien, au soubassement Romain celui qui permet d’aller à un  village relais : les Adrets. Tous ces besoins de communications doivent franchir des cols : Testanier,  Théoule, Mistral en évitant les mauvais passages : Malpasset, Maltemps. Suivront la construction de logis : de Paris ou une auberge des Adrets.  Accompagnant la création de réseaux de pistes et de sentiers d’exploitation, se bâtissent  des Maisons Forestières qui portent le nom du lieu où elles sont implantées, mais aussi d’usage, comme : les Cantonniers ou de personne  comme : de la Duchesse (de Valombrosa, figure de la vie de la haute société cannoise dans les années 1860 et qui en posa la première pierre. 

              Pour d’autres lieux, Il ya eu bien sur d’autres noms : Noble comme la Baronne, Bourgeois : Sénéquier (les arches de l’aqueduc), Communs : Boson, Beraut, Mathieu, Aubert. Si, la, les baumes occupées par notre célèbre brigand Gaspard née à Besse sur Issole ne paraissent pas avoir données d’appellation, un contrebandier a sa grotte à Théoule. A coté de la pointe de l’Aiguille, c’est celle de « Gardanne. ».

             C’est à la Belle Epoque, que le développement du train (1863),  le PLM,  va favoriser l’arrivée des gens fortunés et en conséquence permettre que se développe un nouvel usage du Massif de l’Esterel : Les Loisirs !

                   Ainsi, avec l’installation d’une forte colonie Anglaise avec son église, ses villas il faut un terrain de Golf. Le Val Obscur (le Vallis Obscurcis) fait de forêts sombres, devient le Val de cure, puis le Valescure, une déformation du nom comme d’autres au XIX° soit par les géographes mais aussi par les promoteurs (déjà !) car c’est naturellement bien plus vendeur…..).

Pour se distraire, on va alors aller à la découverte de sites avec des balades en calèche, à dos de mules et sur le chemin, à l’arrivée, il y a des jeunes filles en costume provençal qui offrent des brins de mimosas. Et même, après avoir fait construire une tour sur le modèle sarrasin, A. Lutaud,  créa en 1912,  un royaume imaginaire dont il se nomma le roi : Devenu  Auguste 1er, il y organise des fêtes très courues par la bonne société et comme il fait fabriquer ses timbres à sa monnaie, ce sera  l’Ile d’Or.

              Puis vient l’automobile et l’action du Touring Club permet  la construction de la Corniche d’or. Le tourisme de luxe s’accélère.

              A l’occasion des deux guerres mondiales, ce sont d’autres « usagers » qui arrivent, font garnisons. Ce sont d’abord les troupes venues de tout l’empire Colonial Français. Avec une majorité de recrutés en Afrique subsaharienne, mais aussi des Comores, de Madagascar et d’Indochine.

Pour la deuxième, il y aura bien des uniformes et l’on en aura, verra de toutes couleurs. Du Bleu au Kaki avec un épisode sable puis Vert de Gris….

              Juste avant cette période difficile, Il y a eu l’avènement des « congés payés ». Le tourisme d’hiver va être  remplacé par les vacances d’été et c’est un grand bouleversement qui provoquera la transformation des villages et villages en stations balnéaires.

 

            Au final s’y ajouteront les besoins modernes pas forcément esthétiques : Après les routes nationales : RN 7, les voies ferrées qui utilisent les carrières d’Estérellite extraite au Dramont, au Caous. Des besoins touristiques : Table d’orientation du Cap Roux, Viennent les pylônes pour les transports d’électricité, des antennes de Télécommunications : Pic de l’Ours, Mont Vinaigre, Cap Dramont et la première autoroute à péage de France coupe en deux le massif et s’appelle bien sur : Esterel- Côte d’Azur.

 

             1950, Finit, le bruit régulier des haches à écorcer des Leveurs de lièges, les entailles de hachpot  dans les pins pour que des Résiniers ou gemmeurs en recueillent la précieuse résine. Terminées les meules couvertes de terre des Charbonniers  et leurs balais réalisés avec les branches de la bruyère blanche. Ils extrayaient aussi sa racine pour les pipes de St Claude, de Cogolin. Après les vendanges, plus d’allumage des enguentières, l’autre nom de ces fours en pierre que construisaient les enguentiés pour extraire du Cade  son huile cicatrisante. Où sont les Ramasseuses de pignons pour la pâtisserie, les salades ? Eteints les coups sourds des destraou,  les haches des Bouscatiers qui débitent les bois pour les mines, sous l’œil des Forestiers de l’administration des Eaux et Forêts…  Désormais, la forêt, le maquis en dehors des apiculteurs, des chasseurs et des pêcheurs, des ramasseurs de champignons ou de pommes de pins, en dehors de la transhumance  d’une bergère et de ses moutons, le Massif de l’Esterel voit passer des Usagers bien différents, ceux des loisirs. Du sportif accompli aux familles, simples promeneurs amoureux du massif aux  touristes de passage.

 

             Il y a les pratiquants de la marche, familiale à sportive, mordus de la randonnée pédestre ou coureurs de trail qui sont côtoyés désormais par des cyclistes, des vététistes. Cette dernière activité est devenue un des plus importante et continuer de progresser avec les vélos à assistance électrique. (VAE).

             Les cavaliers ne sont pas en reste et les activités liées à la mer, dont la plongée sous marine, sont  nombreuses car on ne doit pas oublier qu’un gros morceau du Massif de l’Esterel est sous la mer.

             Une mention pour l’activité Escalade. Mais, si ce loisir s’est donc considérablement développé dans le Massif de l’Esterel, le nombre de grimpeurs n’est en rien comparable avec les autres disciplines. Une activité qui commence vraiment en 1940, au Cap Roux, avec un grand alpiniste, le guide Karékine Gurékian. Puis il y a eu des lieux d’initiations, d'entrainements vers 1955, 1960 * Roussivau, Pic du Perthus, Cap Roux, Les Monges*. Désormais deux ensembles connaissent une réputation et une fréquentation internationale, le Cap du Dramont et les Gorges du Blavet. Les raisons de ce développement sont dans les qualités de cette roche volcanique, la Rhyolite, l’accessibilité des sites depuis de grandes agglomérations avec un intérêt décuplé par les conditions climatiques de la région Provence Côte d’Azur. Une roche déjà originale par son adhérence, son toucher,  bénéficie d’une couleur amarante unique qui vient trancher sur les bleus et les verts. Bien évidemment ce sont les raisons pour que l’Esterel s’ajoute aux incontournables de l’escalade en falaise ou sur blocs.

 

             2.150.000 passages recensés en 2017 dans le Massif de l’Esterel…..Vous en faites partie ? Simple visiteur ? Sportif ? A vous de découvrir d’autres noms, d’autres lieux, d’autres usages….

 

Merci par votre présence de faire vivre ce Massif Exceptionnel et surtout, merci de respecter ce patrimoine qui s’est construit pendant 40 millions d’années (*).

Comme dans les jeux : il faut maintenant répondre à la question : D’où vient le nom du plus haut sommet du Massif ?  : Le mont Vinaigre.

Parmi les versions les plus fréquentes c’est d’expliquer que c’est que l’endroit où les anciens récoltaient les fruits acides de l’arbre à perruques. (Sumac des Corroyeurs) pour en faire du vinaigre. Ou bien il y avait de mauvaises vignes avec lesquelles on faisait un mauvais vin …

On peut aussi parler de la couleur de la roche qui rappelle celle du vinaigre.

Certains  évoqueront la Météo : « il va faire vinaigre » car c’est le premier et dernier sommet qui concentre les intempéries… Et la nous sommes peut être encore plus proche de l’origine du nom.

Car  l’étymologie est en partie pré indo-européenne. Avant les Celtes et les Grecs, rappelons que le pays était celui des Ligures, les constructeurs d’Oppidums. Des habitants dont la langue s’est perdue mais dont il reste des traces : Ven ou Vin se retrouve dans Ventoux, Ventabren, Venturi (le nom de le Ste Victoire, …) et désigne un  sommet une crête……

Alors ???

 

De même, mais d’où vient le nom de Théole, un beau rocher, au bord du plateau d’Anthéor,.  Faut-il chercher l’origine de Théoule, mais aussi d’Anthéor dans ces racines ligures. A priori, c’était le nom d’une déesse de la mer Telo ? qui serait repris ensuite car il  existe une Sainte Théole (25 mars).  Pour Théoule c’est plus facile, mais pour Anthéor, s’agit il d’une variante, une déformation  car ce quartier sympathique est situé juste sous ce rocher, un site d’escalade au pied du Cap Roux.     

 

(NB ***)  Si les appellations, en particulier celles venant du Provençal, ont fait l’objet de recherches, de vérifications, il est bien évident que le présent texte comporte des erreurs,  des hypothèses, des choix,  dans l’explication, l’interprétation d’une toponymie.

Les origines de ces noms, ligures, romains, venus du moyen âge, du Provençal et même très récents, nous donnent aussi parfois plusieurs solutions.

                          

Au lecteur de choisir, car ce texte n’engage que son auteur.  !           Christian CHABERT

                                                             

 

       BIBLIOGRAPHIE : en particulier

 

* Fréderic Mistral: Lou Trésor Dou Félibrige et son complément de Jules Ronjat 

* Marius et Jean Claude AUTRAN : Dictionnaire Lexilogos

* Sources diverses pour la toponymie (Internet et autres documents)

* Sources diverses Historiques dont Wikepedia

* Sites des Offices de Tourisme des villes de : les Adrets de l’Esterel, Fréjus, St Raphael, Théoule sur Mer, Mandelieu la Napoule.

 

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