Pour mieux connaitre, mieux parcourir le Massif  de l'ESTEREL

 

GEOLOGIE *  comment s'est construit un Massif géologique unique ????? * Quelques repères , des clés :

 

 

340 MA (Millions d’Années) : il n’y a qu’un seul supercontinent : La Pangée qui « contenait » la future « Europe ». A cette période se forme une énorme montagne : la Chaîne Hercynienne – constituée de roches métamorphiques comme le gneiss. (Ce sont des roches qui ont été modifiées par la pression et la chaleur). Le destruction et l’érosion commencent aussitôt.              

             Vers 310 MA : C’est la période dite « carbonifère !  Des fossés, des failles, la Pangée se fracture, lors de compressions, d’étirements qui engendrent des effondrements (rifts).  C’est ainsi que ce qui forme la future vallée du Reyran. Un climat tropical, des zones marécageuses. Il y pousse des forêts importantes dont on retrouve bien des traces sous formes d’empreintes en particulier de fougères. La transformation de ces matériaux de ce petit bassin sédimentaire en schistes bitumineux, houillers va permettre dès la fin du XVIII° l’ouverture et l’exploitation de mines. (La plus importante au lieu dit des Boson).

            

              280 MA : Les mouvements des différentes masses, entrainent la création de « plaques tectoniques » qui dérivent et se heurtent. C’est la super collision des continents Gondwana et Laurasia. 

             Conséquences de la collision, c’est le début du volcanisme dans l’Esterel qui se décomposera en plusieurs séquences.

             La mise en place du Massif tel que nous le connaissons va donc résulter d’un mécanisme que les géologues désignent sous le terme de volcanisme bimodal en raison de la différence de nature des laves et autres produits volcaniques.        

            

              280 MA à 270 MA : Soit 10 MA pour une phase initiale où se développe un volcanisme basique (composé de basaltes et des tufs) et encore visible avec ses roches vertes ou blanches grises dans les parois du déversoir du lac de l’Avellan

             

             270 MA : Débute le principal épisode du volcanisme qui fera l’originalité du Massif. Les magmas sont désormais très riches en silice, fortement acides (toutes les Rhyolites et leurs dérivés). Ils sont expulsés sous une forme de « mousse » très gazeuse, lors de fortes éruptions explosives et cela sur de grandes distances. Cap Roux, Rastel d’Agay, Blavet. Les géologues baptisent ce type de manifestation volcanique d’ignimbritique.

 

             S’ensuit une période assez longue nettement plus tranquille avec un volcanisme irrégulier. A noter que c’est durant cet intervalle, que des Tétrapodes, ces premiers vertébrés sortant de la mer, viennent laisser des empreintes de pas, des traces de queues sur la colline St Sébastien (St Raphaël).

          

             250 MA c’est la reprise avec un nouvel épisode très violent qui fabrique de puissantes structures souvent explosives, produisant dômes et coulées de laves lentes et visqueuses. Cette péripétie nous laissera en particulier pour repères paysagers parmi une bonne dizaine de stratos volcans, deux formations aux destins bien différents. Le premier repère c’est le plus haut sommet du Massif, le Mont Vinaigre, où subsiste le dôme pyramidal et quant au second repère, c’est l’effondrement de son dôme qui nous offrira la caldeira de Maure Vieil. De cette période quelques merveilles comme la fluorine mais aussi des rétinites à l’allure de morceaux de verre et surtout des pierres au cœur multicolore, les lithophyses.  (Du grec : lithos, pierre et phusa, bulle). Ce sont des géodes, qu’ont laissées les coulées de lave et au centre, la silice qui s’est cristallisée a été superbement colorée par des oxydes.         

            

             240 MA :  Notre volcanisme local s’achève doucement avec d’autres « productions » a nouveau des basaltes mais aussi des trachytes, bien visibles avec de superbes prismes formant comme un pavage au début du sentier du bord de Mer du port Santa Lucia à Agay (Batterie des Lions) – Un sentier du littoral exceptionnel à faire absolument.

                 

             Tout cela n’a duré « que » 40 millions d’années …..,   Le paysage désormais porte les traces de ces violentes séquences, avec bien sur notre Rhyolite (plus ou moins Amarante en fonction de sa densité en Silice), mais ces volcans ont aussi projetés des cendres qui deviennent vertes ou rouges ,suivant l’action de l’eau, des tufs, des gneiss, des débris de roches, des lapillis et des fragments de lave, construisant des brèches volcaniques qui laissent apparaître des Dykes, des Necks,  recouvrant plus ou moins les Paléo Vallées. Des magmas hyper chauds qui vont se souder formant des plateaux, des verticales. En se dégazant, ils fabriquent des petites et des grosses bulles, les futures Baumes.

              Des débris du Massif des Maures mais surtout morceaux de rhyolite et un peu de basalte de l’Estérel forment de grands dépôts de sédiments dont le plus exceptionnel est « la Femme Couchée » le rocher de Roquebrune sur Argens.

 

             55 MA : C’est fini, mais non ! La Méditerranée est en train de s’ouvrir ! Il faut imaginer dont un morceau de l’Estérel, des Calanques de Marseille, c’est-à-dire tout un morceau de la côte qui est en train de se détacher, de dériver. Gigantesque ce déplacement qui se termine par une rotation. Il est à l’origine de la création et de l’alignement de deux grandes iles, la Corse et la Sardaigne.  

Ici ce n’était pas fini non plus, les marcheurs, les curieux, les baigneurs qui se rendront du côté du Dramont, vont découvrir des pierres « bleues ». Voici un site de carrières exploitées depuis les Romains, voici la pointe de la Pierre Blave car Blave en provençal cela veut dire bleu. Sans le travail de l’érosion, une dernière manifestation volcanique n’aurait pas été mise à jour. C'est un magma qui n’a pu atteindre la surface en raison d’une insuffisance de pression mais aussi peu chaud, il n’a pas réussi à atteindre la surface. Une énorme bulle de matière s’est solidifiée, créant dans la chambre magmatique une roche unique l’Estérelitte le porphyre gris bleu de l’Esterel. 

 

25/02/2022          

BIENTOT la suite et la refonte de  l'article sur  les pas des premiers randonneurs  dans le Massif !  

           

              Ce n’est que  vers - 600 000 ans,   qu’apparait l’Homo Erectus.  De -125 000 à  -35 000, c’est notre bon vieux Neandertal qui préfère les abris.

             Vers -30.000 ans,  en fonction des saisons, du niveau de la mer, c’est l’Homo Sapiens qui va s’installer un peu partout dans le Massif  sur des sites majeurs, dans des campements précaires.             

              Enfin vers -8000 c’est notre ancêtre, les pasteurs agriculteurs arrivent d’Italie par la terre et la mer. Un bel endroit que l’Esterel, les premiers « touristes » découvrent la Cote d’Azur et s’y installent.

            

              Depuis l’histoire du tourisme s’est accélérée.

 

             les Oxybiens, une des 45 tribus Celto Ligures qui commercent avec les Phéniciens puis  les Grecs, va construire sur un maximum de sommets, des habitats fortifiés : des Oppidums. Ils  bénéficient en effet d’emplacements très favorables dans le Massif.

              Comme ils tiennent les passages terrestres, ils perturbent le commerce et les mouvements militaires des Romains. Ces derniers se sont installés en – 49 pour des raisons stratégiques et de facilités de communications avec la Gaule en créant le port de Forum Julii. Ce n’est qu’en l’an 5 que la victoire définitive sur ces tribus permettra une occupation durable et surtout la création de voies terrestres comme la Via Aurelia, entre Lyon, Arles, Fréjus et Rome. Climat et lieu agréable,  ils s’installeront pour prés 500 ans.

             Suivront les incursions et occupations des Sarrazins et pour se défendre, le Moyen Age sera la période de construction de Castrum.

             Avec le développement de la religion chrétienne, la communication entre les deux Evêchés,  (Fréjus et celui d’Antibes qui sera déplacé à Grasse en 1243) s’intensifie et l’Esterel, bien placé voit passer les pèlerins allant à Rome ou bien en sens contraire vers St Jacques de Compostelle. Pèlerinage aussi plus qu’important, la grotte occupée par St Honorat qui devient la Sainte Baume (de l’Esterel) et par extension, pèlerinage à l’abbaye de Lérins. Les pèlerins y affluent, font pénitence, pieds nus sur les rochers, car s’y rendre permet de bénéficier des mêmes indulgences qu’un voyage en Terre Sainte. Pape, Roi, nobles et bien des fidèles y passeront faire retraite.

            Se succéderont des périodes d’Histoires et de guerres compliquées entre la Provence puis la France, avec le Duché de Savoie et le Comté de Nice. Mais aussi période très intéressante pour le Massif et ses habitants car la Provence sera en limite avec cet autre Etat pendant 430 ans ce qui développe les relations commerciales dont le sel).

           

             Le tourisme s’intensifie avec l’évolution des moyens de communications et des classes sociales.   

             Parmi les touristes célèbres Napoléon Ier (1799 en vainqueur d’Egypte puis 1814 en exilé vers l’ile d’Elbe).

             Entre Fréjus, les Adrets de l’Estérel et Mandelieu,  d’abord voie romaine, puis chemin de l’Estarpe, c’est une des voies du réseau de postes Royale (XV° siècle que crée Louis XI). Ce sera ensuite une route Impériale (Napoléon Ier). 1860, le rattachement (définitif !) de la Savoie et du Comté de Nice à la France, voici la route d’Italie. Elle deviendra  rapidement ancienne route d’Italie car elle va être remplacée, avec un tracé légèrement différent, par la Nationale 7.

            Conséquence et Ironie de l’Histoire, la Frontière doit être déplacée et logique administrative, il faut créer un département cohérent : Les Alpes Maritimes. Pour cela  on détache l’arrondissement de Grasse du département du VAR, et le fleuve côtier qui lui avait donné son nom,  ne coulera plus du tout dans son département.

              1863 : le train favorise l’arrivée d’écrivains dont Victor Hugo, Théophile Gautier, Alphonse Karr, Guy de Maupassant, Georges Sand, Alexandre Dumas et  Frédéric Mistral et d’autres artistes comme le compositeur Charles Gounod où les peintres Louis Valtat, Eugène Fromentin……. ce qui donnera bien des noms de rues à St Raphael.

              De, même des personnalités viennent passer la belle saison, l’hiver dans la baie de Cannes, et s’installent aussi à Mandelieu la Napoule, Théoule. La aussi ce sont des noms qui reste dans les rues, les bâtiments: 1387 Les comtes de Villeneuve construisent un château qui après bien des vicissitudes historiques, sera réhabilité (1937) par Henry Clews et son épouse.            

             1901 Ouverture de la route de la Corniche d’Or qui permet de relier les deux départements, offrant des paysages désormais emblématiques.

 

            Le tourisme de masse se produira après la deuxième guerre mondiale entrainant modification des modes de vie et le développement des villes, de quartiers résidentiels où se côtoient actifs et retraités. La saison c’est désormais l’Eté.

           

            En parallèle, dans le  massif de l’Estérel, l’exploitation de la forêt devient économiquement non rentable, qu’il s’agisse du liège des bouchons aux poteaux en pins pour les mines.

 

           Il en reste un bel héritage de pistes, de sentiers, de lieux……. Et les couleurs sont toujours aussi belles qu’il y a 250 millions d’années.

 

Christian CHABERT 

21/11/2019

 

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