Pour mieux connaitre, mieux parcourir le Massif  de l'ESTEREL

 

GEOLOGIE *  PEUPLEMENT * Quelques repères , des clés :

 

             Avant, il y a plus de 340 MA (Millions d’Années), il n’y avait qu’un seul supercontinent : La Pangée et la future « Europe ». A cette période se forme une énorme montagne : la Chaîne Hercynienne dont le démantèlement et l’érosion commencent aussitôt. Une période qui se terminera il ya 55 MA et conduira en particulier à l ‘ouverture de la Méditerranée.

            

             Dans les fossés, les failles, la Pangée est fracturée, par des compressions, des étirements  qui engendrent des effondrements (rifts).  C’est ainsi que ce qui formera la future vallée du Reyran  et sa période dite « carbonifère (autour de 310 MA) car il y pousse des forêts, importantes.

            

             Mais vers  – 280 MA,  les mouvements des différentes masses, entrainent la création de « plaques tectoniques » qui dérivent et se heurtent. C’est la super collision des continents Gondwana et Laurasia. 

             Conséquences de la collision,  c’est le début du volcanisme dans l’Esterel qui peut se décomposer en 5 séquences.

             La mise en place du Massif tel que nous le connaissons va donc résulter d’un mécanisme que les géologues désignent sous le terme de volcanisme  bimodal (basique puis acide) .       

             Durant les 10 MA de la phase initiale se développe un Volcanisme basique (basaltes) : Lac de l’Avellan

              Puis vers – 270 MA s’enchaine le principal épisode du volcanisme qui fera l’originalité du Massif. Les magmas sont désormais acides (toutes les Rhyolites et leurs dérivés).. Ils sont expulsés sous une forme de « mousse » très gazeuse,  lors de fortes éruptions et cela sur de grandes distances. Cap Roux, Rastel d’Agay. .

             S’ensuit une période assez longue nettement plus tranquille avec un volcanisme irrégulier. A noter que c’est durant cet intervalle, que des Tétrapodes, ces premiers vertébrés sortant de la mer, viennent laisser des empreintes de pas, des traces de queues par exemple sur la colline St Sébastien (St Raphaël).

             Mais vers – 250 MA c’est la reprise avec un nouvel épisode très violent qui fabrique de puissantes structures  souvent explosives. Il nous laissera en particulier pour repères deux stratos volcans  (– 250 MA) aux destins bien différents. Pour le premier, subsistera le dôme pyramidal qui est désormais le plus haut sommet du Massif, le Mont Vinaigre et le second, c’est l’effondrement  de son dôme pyramidal qui nous offrira la caldeira de Maure Vieil.

            Les 10 MA suivants seront caractérisés par des manifestations éruptives plus intermittentes mais qui seront surtout marquées par d’importants dépôts de sédiments (Rocher de Roquebrune).  Les laves sont différentes, du type basalte et il faut aller en voir les prismes de refroidissement sur du coté de Santa Lucia.  Une balade superbe que ce sentier côtier et aussi condensé de l’histoire géologique du Massif dont la spectaculaire Pointe de Pierre Blave. La pointe de la pierre Bleue c'est-à-dire ce magna issu des profondeurs qui a donné une roche unique l Estérellite, le porphyre gris bleu de l’Esterel.

            

             Notre volcanisme local s’achèvera  il y a – 240 MA et tout cela n’a duré « que »  40 millions d’années,                     

             Le paysage désormais porte les traces de ces violentes séquences, avec bien sur notre Rhyolite (plus ou moins Amarante en fonction de sa densité en Silice), mais ces volcans ont aussi projetés des cendres vertes ou rouges (suivant l’action de l’eau), des tufs, des gneiss, des débris de roches, des lapillis et des fragments de lave, construisant des brèches volcaniques qui laissent apparaître des Dykes, des Necks,  recouvrant plus ou moins les Paléo Vallées. Des magmas hyper chauds qui vont se souder formant des plateaux,  des verticales. En se dégazant,  ils  fabriquent des petites et  des grosses bulles, les futures baumes.

              Ce n’est que  vers - 600 000 ans,   qu’apparait l’Homo Erectus.  De -125 000 à  -35 000, c’est notre bon vieux Neandertal qui préfère les abris.

             Vers -30.000 ans,  en fonction des saisons, du niveau de la mer, c’est l’Homo Sapiens qui va s’installer un peu partout dans le Massif  sur des sites majeurs, dans des campements précaires.             

              Enfin vers -8000 c’est notre ancêtre, les pasteurs agriculteurs arrivent d’Italie par la terre et la mer. Un bel endroit que l’Esterel, les premiers « touristes » découvrent la Cote d’Azur et s’y installent.

            

              Depuis l’histoire du tourisme s’est accélérée.

 

             les Oxybiens, une des 45 tribus Celto Ligures qui commercent avec les Phéniciens puis  les Grecs, va construire sur un maximum de sommets, des habitats fortifiés : des Oppidums. Ils  bénéficient en effet d’emplacements très favorables dans le Massif.

              Comme ils tiennent les passages terrestres, ils perturbent le commerce et les mouvements militaires des Romains. Ces derniers se sont installés en – 49 pour des raisons stratégiques et de facilités de communications avec la Gaule en créant le port de Forum Julii. Ce n’est qu’en l’an 5 que la victoire définitive sur ces tribus permettra une occupation durable et surtout la création de voies terrestres entre Fréjus et Rome. Climat et lieu agréable,  ils s’installeront pour prés 500 ans.

             Suivront les incursions et occupations des Sarrazins et pour se défendre, le Moyen Age sera la période de construction de Castrum.

             Avec le développement de la religion chrétienne, la communication entre les deux Evêchés,  (Fréjus et celui d’Antibes qui sera déplacé à Grasse en 1243) s’intensifie et l’Esterel, bien placé voit passer les pèlerins allant à Rome ou bien en sens contraire vers St Jacques de Compostelle. Pèlerinage aussi plus qu’important, la grotte occupée par St Honorat qui devient la Sainte Baume (de l’Esterel) et par extension, pèlerinage à l’abbaye de Lérins. Les pèlerins y affluent, font pénitence, pieds nus sur les rochers, car s’y rendre permet de bénéficier des mêmes indulgences qu’un voyage en Terre Sainte. Pape, Roi, nobles et bien des fidèles y passeront faire retraite.

            Se succéderont des périodes d’Histoires et de guerres compliquées entre la Provence puis la France, avec le Duché de Savoie et le Comté de Nice. Mais aussi période très intéressante pour le Massif et ses habitants car la Provence sera en limite avec cet autre Etat pendant 430 ans ce qui développe les relations commerciales dont le sel).

           

             Le tourisme s’intensifie avec l’évolution des moyens de communications et des classes sociales.   

             Parmi les touristes célèbres Napoléon Ier (1799 en vainqueur d’Egypte puis 1814 en exilé vers l’ile d’Elbe).

             1824, 1828 la Nationale 7 entre Fréjus, les Adrets de l’Estérel et Mandelieu, vient remplacer la voie impériale, ex voie romaine, ex route d’Italie. 

             1860 Rattachement (définitif !) de la Savoie et du Comté de Nice à la France. La Nationale 7 franchit le Var vers Nice et l’Italie, en cours de création. Conséquence et Ironie de l’Histoire, la Frontière doit être déplacée et logique administrative, il faut créer un département cohérent : Les Alpes Maritimes. Pour cela  on détache l’arrondissement de Grasse du département du VAR, et le fleuve côtier qui lui avait donné son nom,  ne coulera plus du tout dans son département.

              1863 : le train favorise l’arrivée d’écrivains dont Victor Hugo, Théophile Gautier, Alphonse Karr, Guy de Maupassant, Georges Sand, Alexandre Dumas et  Frédéric Mistral et d’autres artistes comme le compositeur Charles Gounod où les peintres Louis Valtat, Eugène Fromentin……. ce qui donnera bien des noms de rues à St Raphael.

              De, même des personnalités viennent passer la belle saison, l’hiver dans la baie de Cannes, et s’installent aussi à Mandelieu la Napoule, Théoule. La aussi ce sont des noms qui reste dans les rues, les bâtiments: 1387 Les comtes de Villeneuve construisent un château qui après bien des vicissitudes historiques, sera réhabilité (1937) par Henry Clews et son épouse.            

             1901 Ouverture de la route de la Corniche d’Or qui permet de relier les deux départements, offrant des paysages désormais emblématiques.

 

            Le tourisme de masse se produira après la deuxième guerre mondiale entrainant modification des modes de vie et le développement des villes, de quartiers résidentiels où se côtoient actifs et retraités.

           

            En parallèle, dans le  massif de l’Estérel, l’exploitation de la forêt devient économiquement non rentable, qu’il s’agisse du liège des bouchons aux poteaux en pins pour les mines.

 

           Il en reste un bel héritage de pistes, de sentiers, de lieux……. Et les couleurs sont toujours aussi belles qu’il y a 250 millions d’années. 

                                                                               Christian CHABERT

 

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